Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 07:07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre mon quartier de bord de lagune et les  contreforts de la falaise où s’accrochent les Fantis il y a un bon kilomètre.

 

Quand l’espèce de rumeur confuse a commencé,  on ne savait trop d’où elle venait, puis ça s’est précisé, ça a  gonflé, en puissance,  en profondeur. La rumeur est maintenant un grondement… Le son se déplace lentement disparaissant presque derrière la colline de l’hôpital  puis  jaillit,  plus fort, plus haut, dévale les pentes ; la bouleversante clameur hurlée est là. Assemblage de centaines de cris de douleurs hurlés à pleines gorges, hululement ininterrompu de désespoir et de  tristesse. Mes cheveux se  dressent sur la tête, mes tympans vibrent de la stridence des cris des femmes en tête de cortège.  Toute la population  Fanti de Sassandra est réunie, hurlant à pleins poumons la mort de son chef.

 Blancs et Noirs sont tétanisés par ce spectacle

 

Trois jours après les pêcheurs portent la bière à bout de bras pour un tour complet de la ville, montrant à la foule le cercueil énorme muni de fenêtres  derrières lesquelles on voit le défunt. Les Fantis qui suivent ne disent pas un mot ; leur silence est aussi impressionnant que la clameur de l’annonce du décès il y a trois jours.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par robinzen
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